09 août 2026
| Basilique Saint-Just, Valcabrère
Vassily Chmykov & Arthur Hinnewinkel
Musique de chambre
09 août | 20h30
Basilique Saint-Just, Valcabrère
Durée : 1h15
Tarifs : 10€ à 45€
Le piano et le violon sont deux instruments très différents. Les associer ouvre la porte au danger de traiter l’un en virtuose et l’autre en accompagnant. La tradition baroque y pousse. Mozart a su s’affranchir de cette menace dans ses sonates de maturité, mais la première des grandes réussites du genre, dans un style classique, tant sur le plan de la construction que de l’équilibre instrumental, est sa sonate n° 5 « le Printemps » op. 24 en 4 mouvements. La 9° Sonate « A Kreutzer », également très connue, est déjà autre chose.
A partir du milieu du siècle, le mouvement romantique allemand se scinda en deux (et Beethoven est leur origine commune) : les « classiques » menés par trois amis, Brahms, le violoniste Johachim et Clara Schumann, et les modernes, dans le sillage de Liszt et Wagner. C’est dire que les 3 romances op. 22 de Clara Schumann (compositrice trop occultée par l’ombre de son mari), et la sonate n°3 de Brahms op. 108 s’inscrivent dans la lignée classique, celle de la sonate « le Printemps » La sonate de Brahms, écrite entre 1878 et 1887, dans la sombre tonalité de ré mineur, appartiennent à la série des dernières œuvres du compositeur, empreintes de mélancolie automnale. Contrairement aux deux premières, elle est écrite en quatre mouvements et le piano est davantage au premier plan, sans tomber dans le défaut évoqué plus haut.
Debussy est en rupture totale avec cette tradition et d’une manière générale avec la tradition germanique, et ce dès ses années de Conservatoire. Dans toute son œuvre, il serait difficile de trouver une quelconque filiation (sauf avec Liszt, mais était-il allemand ?). Quand, à la fin de sa vie, il décida d’écrire six sonates, il ne les situait pas dans la tradition germanique, mais dans celle du baroque français (« nos admirables clavecinistes »). La maladie (un cancer de l’intestin) lui laissa le temps d’en écrire trois ; la troisième, celle pour piano et violon, fut écrite l’année de sa mort, en 1918, dans des souffrances atroces. Ce fut sa dernière œuvre. On ne peut s’empêcher, pour une fois, d’entendre la douleur grincer derrière la musique de ce compositeur si volontiers hédoniste.
Toru Takemitsu (1930-1996) est sans conteste le plus grand compositeur japonais. Son œuvre est une synthèse particulièrement convaincante de la culture et des tradition japonaises, et des musiques de Debussy et de Messiaen « Distance de fée », écrit en début de carrière (1951), l’illustre déjà. Nous dirions volontiers qu’elle sonne comme du « Messiaen assagi » sur les plans harmonique et rythmique. L’écriture du violon est linéaire, celle du piano s’étend parfois jusqu’à quatre portées sans aucune pesanteur, comme un halo lumineux.
Vassily Chmykov est un violoniste français reconnu sur les scènes nationales et internationales, aussi bien en soliste qu’en musique de chambre. Il débute à l’Académie Rainier III de Monaco, puis poursuit ses études au CNSMD de Paris et à l’HEMU de Lausanne. Lauréat de nombreux prix prestigieux, il est salué pour la virtuosité et la profondeur de son jeu. Il s’est produit en soliste avec des orchestres renommés comme l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et l’Orchestre National d’Île-de-France. Passionné de musique de chambre, il joue avec des artistes majeurs et fonde plusieurs ensembles, dont le Trio Messiaen et le Phantasy Quartet. Son engagement orchestral l’amène à collaborer avec de grands orchestres français et internationaux, et à se produire dans des festivals et salles prestigieuses à travers le monde.
Né aux États-Unis en 2000, Arthur Hinnewinkel est reçu au Conservatoire national supérieur de Paris à l’âge de 15 ans dans les classes de piano d’Hortense Cartier-Bresson et de Fernando Rossano. Il poursuit actuellement sa formation à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth auprès de Frank Braley et Avedis Kouyoumdjian. Il s’est produit dans nombre de festivals français, en tant que soliste et chambriste, notamment au Festival de La Roque d’Anthéron, au Festival de Pâques – Août Musical de Deauville, au Festival de Wissembourg, au Festival Chopin, au Festival Musique à La Prée (Paris), et au Festival Sommets Musicaux de Gstaad (Suisse), ainsi qu’à la radio pour Génération France Musique. En 2023, il est finaliste du Concours Clara Haskil (Vevey, Suisse) et lauréat du Prix spécial Modern Times. En février 2024, il remporte les Prix Thierry Scherz et André Hoffman aux Sommets Musicaux de Gstaad, ce qui lui vaut d’enregistrer un album consacré à Schumann avec le Sinfonia Varsovia. Toujours en 2024, il devient lauréat du prix de la Fondation Banque Populaire et Artiste Résident de la Fondation Singer-Polignac.
Distribution
Vassily Chmykov, violon
Arthur Hinnewinkel, piano
Programme
Ludwig van Beethoven
Sonate
Clara Schumann
3 Romances op. 22
Toru Takemitsu
Distance de fée
Claude Debussy
Sonate
Johannes Brahms
3 sonate
Texte ci-contre de Gérard Bégni
Administrateur du Festival du Comminges
