06 août 2026

| Basilique Saint-Just, Valcabrère

Quatuor Psophos

Musique de chambre

06 août | 20h30

Basilique Saint-Just, Valcabrère

Durée : 1h30

Tarifs : 10€ à 45€

C’est Haydn qui donna ses lettres de noblesse au quatuor à cordes, en faisant de lui le genre le plus quintessencié de la musique de chambre. Mozart prit le relais, influencé par les six quatuors de op. 33.

Beethoven prit la mesure de ce statut et de l’apport de ses prédécesseurs. Ses quatuors regroupés par 6 selon la tradition, portent le numéro d’op. 18, signe d’un certain temps de maturation : des sonates pour piano (dont la « Pathétique »), des trios avec piano, des trios à cordes notamment les avait précédés. Ils furent édités en 1801. Le quatuor op. 18 n°5 en La majeur porte l’influence manifeste du quatuor en La majeur K.464 de Mozart. Outre les similitudes thématiques et architecturales que les musicologues ne se privent pas de souligner, l’esprit même de ce très beau quatuor le rapproche de l’univers de Mozart, celui d’une musique plutôt intimiste, d’une poésie tendre et rêveuse, avec quelques pointes de mélancolie.  Ravel (1875-1937) fut un génie précoce. Son quatuor date de 1903. Il est déjà entièrement lui-même dans cette première œuvre de musique de chambre, alors qu’il était encore élève de Gabriel Fauré. Ce dernier critiqua l’étincelant finale et suggéra de le réécrire. Ce qu’apprenant, Debussy écrivit à Ravel « Au nom des dieux de la musique et du mien, ne touchez pas une note à ce que vous avez écrit ». Debussy fut obéi. Très personnel d’écriture et d’expression, le quatuor comporte les quatre mouvements conventionnels.

Sofia Asgatovna Goubaïdoulina (1941-2025) née en République socialiste soviétique autonome tatare, fut compositrice russe (région de Tartarie) d’une foi religieuse profonde. Ce fut un membre passablement hérétique de l’ « Union des compositeurs soviétiques », encouragée par Dimitri Chostakovitch. En 1979, elle fut mentionnée sur une liste noire. La déstalinisation était passée par là : elle s’en tira avec des ennuis bureaucratiques. L’isolement volontaire de l’URSS par rapport aux courants modernistes fit d’elle une compositrice indépendante,  puisant son inspiration aux sources de la poésie et de la spiritualité.  En 1992, elle émigra en Allemagne. Son second quatuor à cordes (1987) fut écrit dans son style inimitable en URSS pour le festival de musique de Kunho (Finlande) et connut un franc succès.

Le Quatuor Psophos, fondé en 1997, est un ensemble musical européen de renom, lauréat de nombreux prix internationaux, dont le Premier Grand Prix du Concours International de Bordeaux en 2001. Il se distingue par sa curiosité artistique, collaborant avec des figures comme Philippe Decouflé ou Sandrine Piau, et par son engagement éducatif, notamment au Cambodge ou par sa tournée à vélo en Bretagne allant d’écoles de campagne en salles de concert rurales. En, 2021, il lance son propre festival, « Mélopée », en Bretagne. En 2025, il enregistre un disque autour des Lieder de Schubert, salué par la critique avec 5 diapasons.

Distribution

Mathilde Borsarello Herrmann, violon
Bleuenn Le Maitre, violon
Cécile Grassi, alto
Guillaume Martigné, violoncelle

Programme

Sofia Goubaïdoulina
Quatuor n°2

Ludwig van Beethoven
Quatuor op. 18 n°5

Maurice Ravel
Quatuor 

* Texte ci-contre de Gérard Bégni
Administrateur du Festival du Comminges