28 juill. 2026

| Espace Culturel Angonia, Martres-Tolosane

Louise acabo & victor julien-laferriÈre

Musique sacrée

 28 juillet | 20h30

Espace Culturel Angonia, Martres-Tolosane

Durée : 1h15

Tarif : 25€

Bach distinguait le violoncelle pour ses suites en solo et la viole de gambe pour ses sonates en duo, probablement pour éviter que la sonorité plus pleine du violoncelle ne masque celle, plus gracile, du clavecin. Mais nos virtuoses modernes savent prendre la mesure des choses et l’usage généralisé du violoncelle est parfaitement maîtrisé. Dans certaines cantates, Bach note soigneusement l’emploi de violes de gambe pour leur sonorité voilée.

A la différence des sonates et suites pour violon solo, les six suites pour violoncelle ne font pas appel à la virtuosité transcendante. C’est l’expressivité de ce merveilleux instrument qui prime. La première suite en sol majeur est certainement la plus connue. Comme ses sœurs, elle se compose de six mouvements : Prélude, Allemande, Courante, Sarabande, Menuet I & II, Gigue. Il est curieux de noter que le prélude se compose essentiellement d’arpèges, quelque peu à la manière de celui pour clavecin du premier tome du  » Clavecin du tempéré « . D’une manière générale dans ces suites comme dans bien d’autres œuvres, Bach sait créer l’illusion de plusieurs lignes polyphoniques avec un instrument monophonique. C’est vrai dès le prélude de la première suite. Nous entendrons également dans ce concert la troisième suite en Ut majeur, avec deux bourrées en lieu et place des menuets de la première.

Les interprètes nous donnent également l’intégrale des trois sonates pour viole de gambe et piano, construites sur un schéma que toute l’époque baroque a adopté : lent, vif, lent, vif, et qui remonte à la célébrité des sonates de Corelli, chez qui le premier mouvement, dans le caractère d’un prélude, mettait des dissonances en lumière, le second mouvement vif était d’une écriture fuguée, cependant que le mouvement conclusif revêtait un aspect chorégraphique. Les musicologues hésitent à les dater : l’étude du papier de la première sonate, écrite sur le même que L’Art de la fugue et le second livre du Clavier bien tempéré, la place plutôt dans la dernière décennie de la vie de Bach. Cette première sonate en sol majeur (transcription de la sonate pour deux flûtes et basse continue BWV 1039) est en tous points admirable et son écriture relativement aérée, mais on sera particulièrement sensible aux clairs-obscurs à la Rembrandt du troisième mouvement. Le mouvement final de la seconde en ré majeur est une fugue avec deux thèmes qui sont continuellement échangés entre les instruments. La troisième en sol mineur n’adopte pas le plan des deux premières : son plan vivace, adagio, allegro reprend la forme du concerto. Le premier mouvement assez vif rappelle le thème du 3e concerto brandebourgeois. L’adagio central est lent, dépouillé mais très expressif. L’allegro final est assez vif dans un style italien et évoque le 5e concerto brandebourgeois.

Louise Acabo, claveciniste, partage sa carrière entre Paris et Bâle, se produisant en soliste et au sein d’ensembles renommés. Lauréate de nombreux concours internationaux, elle est diplômée de la Schola Cantorum et titulaire de deux masters. Passionnée par la recherche, elle a écrit un mémoire primé sur Le corps et les techniques de clavecin dans la France des XVIIIe et XIXe siècles. Co-fondatrice de l’ensemble The Banshies, elle explore également l’orgue et le pianoforte, tout en étant résidente à la Fondation Singer-Polignac depuis 2025.

Victor Julien-Laferrière, est à la fois violoncelliste virtuose et chef d’orchestre. Formé à Paris, Vienne et Salzbourg, il mène une carrière internationale comme soliste et chef invité. Il fonde en 2021 l’Orchestre Consuelo et collabore avec de nombreux artistes et orchestres prestigieux. Lauréat du Concours Reine Elisabeth 2017, il a reçu une Victoire de la Musique Classique en 2018.

Distribution

Louise Acabo, clavecin
Victor Julien-Laferrière, violoncelle

Programme

Jean-Sébastien Bach
Suite n°1 pour violoncelle seul
Sonate n°1 pour violoncelle avec clavecin
Suite n°3 pour violoncelle seul
Sonate n°2 pour violoncelle avec clavecin
Courte pièce pour clavecin seul
Sonate n°3 pour violoncelle avec clavecin

* Texte ci-contre de Gérard Bégni
Administrateur du Festival du Comminges